Créer une micro-entreprise en 2026 se fait entièrement en ligne, sur le guichet unique de l’INPI, en une trentaine de minutes et sans frais d’immatriculation. C’est le statut le plus simple pour se lancer seul : comptabilité allégée, cotisations calculées sur le chiffre d’affaires réellement encaissé, et des plafonds relevés à 83 600 € pour les prestations de services et 203 100 € pour la vente sur la période 2026-2028.
Ce guide détaille, étape par étape, comment créer votre micro-entreprise, ce qu’elle coûte réellement en 2026 et les points de vigilance à connaître avant de vous lancer.
L’essentiel à retenir
- Où ? En ligne, sur le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), géré par l’INPI.
- Combien ça coûte ? La création est gratuite (hors activités réglementées).
- Plafonds de chiffre d’affaires 2026 : 83 600 € (services) et 203 100 € (vente de marchandises).
- Cotisations sociales : de 12,3 % à 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé selon l’activité.
- Délai : le numéro SIRET est généralement délivré sous 1 à 4 semaines.
Qu’est-ce qu’une micro-entreprise ?
La micro-entreprise n’est pas une forme juridique à part entière : c’est une entreprise individuelle (EI) qui bénéficie d’un régime social et fiscal simplifié, appelé régime micro-social et régime micro-fiscal. Les termes « micro-entreprise » et « auto-entrepreneur » désignent aujourd’hui exactement la même chose ; l’appellation « auto-entrepreneur » a simplement été remplacée officiellement par « micro-entrepreneur » depuis 2016.
Concrètement, ce régime repose sur trois principes qui font sa popularité :
- Des démarches allégées : pas de statuts à rédiger, pas de capital social, une comptabilité réduite à un livre de recettes.
- Des charges proportionnelles : vous ne payez de cotisations que si vous encaissez du chiffre d’affaires. Zéro recette = zéro cotisation.
- Une gestion en ligne : déclaration et paiement des cotisations directement sur le portail de l’URSSAF.
C’est le point d’entrée idéal pour tester une activité, se lancer en complément d’un emploi salarié ou démarrer un projet à petit budget.
Micro-entreprise : pour qui et pour quelles activités ?
Le statut s’adresse à toute personne majeure (ou mineur émancipé) résidant en France : salarié qui veut lancer une activité en parallèle, demandeur d’emploi, étudiant, retraité ou indépendant à temps plein. Le cumul avec un emploi salarié est autorisé, sous réserve de vérifier votre contrat de travail (clause d’exclusivité, obligation de loyauté vis-à-vis de l’employeur).
Trois grandes familles d’activités sont éligibles :
- La vente de marchandises (achat-revente, e-commerce, restauration à emporter) — relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
- Les prestations de services commerciales et artisanales (dépannage, coiffure à domicile, services aux entreprises) — également en BIC.
- Les activités libérales (consultant, rédacteur, coach, développeur, graphiste) — relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC).
Certaines activités sont en revanche exclues du régime : professions juridiques et de santé réglementées, activités agricoles relevant de la MSA, agents généraux d’assurance, activités relevant de la TVA immobilière, ou encore la plupart des activités artistiques rattachées à la Maison des artistes. En cas de doute, vérifiez l’éligibilité de votre code d’activité avant de vous lancer.
Les plafonds et seuils à connaître en 2026
Deux séries de seuils, souvent confondues, coexistent : le plafond de chiffre d’affaires (qui conditionne le maintien du régime micro) et les seuils de TVA (qui déclenchent la facturation de la TVA). Ils n’ont ni les mêmes montants, ni les mêmes conséquences.
Les plafonds de chiffre d’affaires 2026
Revalorisés tous les trois ans, ces plafonds ont augmenté au 1er janvier 2026 pour la période 2026-2028 :
| Type d’activité | Plafond de CA 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, restauration, hébergement | 203 100 € |
| Prestations de services (BIC et BNC), professions libérales | 83 600 € |
Le chiffre d’affaires s’apprécie sur les sommes réellement encaissées entre le 1er janvier et le 31 décembre (et non facturées), et il est proratisé la première année en cas de début d’activité en cours d’année. Bon à savoir : dépasser un plafond une seule année ne vous fait pas perdre le régime. Vous ne sortez de la micro-entreprise qu’après deux années civiles consécutives de dépassement.
Les seuils de franchise en base de TVA 2026
Tant que votre chiffre d’affaires reste sous les seuils de franchise en base, vous ne facturez pas la TVA et portez la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur vos factures. Pour 2026, ces seuils restent inchangés :
| Type d’activité | Seuil de base | Seuil majoré |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
À noter : la réforme qui prévoyait d’abaisser ce seuil à un montant unique de 25 000 € a été définitivement abandonnée. Attention toutefois : un prestataire de services peut devenir redevable de la TVA dès 37 500 € de chiffre d’affaires, alors que son plafond de statut monte, lui, jusqu’à 83 600 €. C’est souvent le premier seuil que l’on franchit — anticipez-le.
Comment créer sa micro-entreprise en 2026 : les 5 étapes
Depuis 2023, toutes les formalités de création passent par un point d’entrée unique : le guichet unique des formalités des entreprises, opéré par l’INPI. Voici la marche à suivre.

Étape 1 — Vérifier que votre activité est éligible
Identifiez votre activité principale et assurez-vous qu’elle est compatible avec le régime micro (voir plus haut). Si votre métier est réglementé (bâtiment, coiffure, esthétique, transport, etc.), vérifiez que vous disposez du diplôme ou de la qualification requis et, le cas échéant, de l’assurance obligatoire.
Étape 2 — Préparer les pièces justificatives
Rassemblez en amont, au format numérique :
- une pièce d’identité en cours de validité (recto-verso) ;
- un justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
- une déclaration sur l’honneur de non-condamnation ;
- le cas échéant, le justificatif de qualification pour une activité réglementée.
Étape 3 — Faire la déclaration sur le guichet unique
Rendez-vous sur formalites.entreprises.gouv.fr, créez votre compte, puis remplissez le formulaire de création d’entreprise : identité, adresse de l’entreprise, activité exercée, régime social (micro-social) et option fiscale. La déclaration prend une trentaine de minutes et ne coûte rien pour une activité non réglementée.
Étape 4 — Recevoir votre SIRET
Une fois la déclaration validée, le guichet unique transmet automatiquement votre dossier à l’INSEE, à l’URSSAF et à l’administration fiscale. L’INSEE vous attribue alors votre numéro SIREN et SIRET, généralement sous 1 à 4 semaines. Vous êtes également inscrit au Registre national des entreprises (RNE).
Étape 5 — Finaliser votre installation
Dès réception de votre SIRET, quelques démarches complètent votre lancement :
- Activer votre compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr pour déclarer votre chiffre d’affaires.
- Ouvrir un compte bancaire dédié — obligatoire uniquement si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € par an deux années de suite, mais recommandé dès le départ.
- Souscrire une assurance professionnelle (responsabilité civile professionnelle), obligatoire pour les activités réglementées et vivement conseillée pour les autres.
Vous êtes prêt à facturer.
Combien coûte une micro-entreprise ? Cotisations et fiscalité 2026
Le coût réel d’une micro-entreprise tient en trois postes : les cotisations sociales, l’impôt sur le revenu et, éventuellement, la contribution à la formation professionnelle et la CFE.

Les cotisations sociales URSSAF 2026
Elles sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, sans aucune déduction de charges. Au 1er janvier 2026, le taux applicable aux activités libérales (BNC) augmente d’un point. Voici les taux en vigueur :
| Activité | Taux de cotisations 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services libérales (BNC) | 25,6 % |
| Professions libérales relevant de la Cipav | 23,2 % |
À ces cotisations s’ajoute une contribution à la formation professionnelle (0,1 % pour les commerçants, 0,3 % pour les artisans, 0,2 % pour les libéraux) ainsi que, selon les cas, une taxe pour frais de chambre consulaire.
L’impôt : versement libératoire ou barème progressif
Deux options s’offrent à vous pour l’impôt sur le revenu :
- Le régime classique : votre chiffre d’affaires est soumis au barème progressif après application d’un abattement forfaitaire pour frais (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC, avec un minimum de 305 €). Vous n’êtes imposé que sur le montant restant.
- Le versement libératoire : sur option, et sous condition de revenu fiscal de référence, vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations, à un taux fixe (1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC).
Bon à savoir : la micro-entreprise est exonérée de cotisation foncière des entreprises (CFE) l’année de sa création.
L’ACRE : une aide précieuse la première année
L’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) permet de bénéficier d’une réduction de 50 % des cotisations sociales pendant les quatre premiers trimestres d’activité. Sous réserve d’y être éligible, elle divise donc par deux vos charges sociales la première année — un vrai coup de pouce au démarrage. La demande s’effectue auprès de l’URSSAF, en principe dans les 45 jours suivant la création.
Les obligations comptables et administratives
La micro-entreprise impose peu de formalités, mais elles doivent être respectées scrupuleusement :
- Déclarer son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre sur le portail de l’URSSAF, même s’il est nul.
- Tenir un livre des recettes (et un registre des achats pour les activités de vente).
- Émettre des factures conformes comportant les mentions obligatoires et, en franchise de TVA, la mention de l’article 293 B du CGI.
- Conserver un compte bancaire dédié au-delà du seuil de 10 000 € de CA sur deux années consécutives.
Avantages et inconvénients de la micro-entreprise
Avant de vous décider, pesez le pour et le contre.
Les avantages : simplicité de création et de gestion, charges proportionnelles au chiffre d’affaires, absence de TVA sous les seuils, cumul possible avec une autre activité, sortie du régime sans formalités lourdes.
Les limites : les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires et non sur le bénéfice (pénalisant pour les activités à fortes charges), l’impossibilité de déduire ses frais réels, des plafonds qui peuvent brider la croissance, et une protection sociale plus légère (pas de cotisation chômage). Au-delà d’un certain volume, la création d’une société (EURL, SASU) devient souvent plus avantageuse : une décision à mûrir dans votre business plan.
Foire aux questions
Quel est le plafond d’une micro-entreprise en 2026 ?
En 2026, le plafond de chiffre d’affaires est de 83 600 € pour les prestations de services (BIC et BNC) et de 203 100 € pour la vente de marchandises. Ces montants s’appliquent pour la période 2026 à 2028.
Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?
La création est gratuite pour une activité non réglementée : la déclaration sur le guichet unique de l’INPI n’entraîne aucun frais d’immatriculation. Seules certaines activités réglementées peuvent générer des coûts annexes.
Combien de temps faut-il pour obtenir un SIRET ?
Comptez en général 1 à 4 semaines entre la validation de votre déclaration et la réception de votre numéro SIRET attribué par l’INSEE.
Peut-on cumuler une micro-entreprise et un emploi salarié ?
Oui. Le cumul d’un emploi salarié et d’une micro-entreprise est autorisé. Il faut simplement respecter son contrat de travail (clause d’exclusivité éventuelle, obligation de loyauté) et ne pas concurrencer son employeur.
Micro-entreprise ou auto-entrepreneur : quelle différence ?
Aucune. Les deux termes désignent le même statut. « Auto-entrepreneur » est l’ancienne appellation, remplacée officiellement par « micro-entrepreneur » depuis 2016.
Conclusion
Créer une micro-entreprise en 2026 reste la voie la plus rapide et la moins coûteuse pour se lancer : une déclaration en ligne gratuite, des plafonds relevés à 83 600 € et 203 100 €, et des charges proportionnelles à votre activité. Une fois votre SIRET en poche, l’enjeu se déplace vers le développement : structurer votre offre, trouver vos premiers clients et, si votre activité décolle, envisager le passage en société. Le plus dur n’est pas de créer votre entreprise — c’est de la faire vivre.
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